Connaissances, attitudes et pratiques sur le Covid-19 dans la région du Littoral un mois après la confirmation du premier cas au Cameroun

La région du Littoral est affectée par le choléra et le covid-19 depuis janvier et mars 2020 respectivement. En réponse au choléra, M.A. SANTE a appuyé la DRSP/L à travers le projet Start qui visait à limiter la propagation communautaire du choléra. En évaluant ce projet auprès des bénéficiaires, nous avons également évalué les connaissances sur le covid-19 en vue d’identifier les besoins en intervention pouvant contribuer à la lutte contre cette pandémie au Cameroun.

Nous avons conduit une enquête descriptive qui a ciblé un échantillon des ménages ayant bénéficié du projet Start dans les cinq districts de santé de la région du Littoral qui avaient notifié les cas de choléra depuis le début de l’année 2020. A l’aide d’un questionnaire structuré, les enquêteurs formés et supervisés ont collecté les données sur les connaissances, les attitudes et les pratiques communautaires du covid-19 un mois après la confirmation des premiers cas au Cameroun. Les données ont été analysées par Epi Info 7 et présentent essentiellement les proportions des répondants.

Des 664 ménages ayant consenti (94%), 649 (97,7%) avait déjà entendu parler du nouveau coronavirus, les trois principales sources d’information étant le voisinage (319 (49,1%)), la télévision (263 (40,5%)) et les relais communautaires (210 (32,3%)). Serrer la main d’une personne était le moyen de transmission le plus connu dans 388 (58,8%) ménages et près de 18% (120 répondants) ne connaissaient ni les symptômes, ni les méthodes de transmission de la maladie. Près de 13% (82) ne connaissaient aucun geste barrière et plus de 16% ne savent pas quoi faire en cas de contact avec un cas. Selon 244 répondants (37%), cette maladie peut se soigner, avec du Lemon-gingembre, de la Chloroquine à domicile et un autre traitement traditionnel chez 107 (43,8%), 77 (31,5%) et 62 (25,4%).

Le coronavirus reste mal connu dans les ménages du Cameroun un mois après la confirmation des premiers cas. Des interventions en communication utilisant les messages claires et simplifiés sur les mesures barrières, les symptômes, la conduite à tenir devant un cas suspect et la lutte contre les fausses informations pourraient significativement contribuer à réduire le risque de contamination communautaire du covid-19